Etat de siège



Jacqueline Benz (CHE)

Un poème de Mahmud Darwich gravé sur une planche, montré dans différents lieux du Caire.

La planche de bois sur laquelle était gravé le poème de Mahmud Darwich «Etat de siège» a fait halte à «Le Caire mon amour», après avoir été transportée dans les rues du Caire. Ce poème fait écho à la situation confuse, aux controverses et débats de la période qui suit l’insurrection égyptienne. Chaque halte dans différents lieux du Caire donnera l’occasion aux passants qui lisent le poème d’entrer en discussion.

Debout ici. Assis ici. Toujours ici.
Eternels ici. Nous avons un seul but, un seul :
Etre.

Après quoi, nous divergerons sur tout :

Sur le dessin du drapeau national

(Tu seras bien avisé, mon peuple vivant, si tu choisis l’emblème de l’âne simple).

Et sur les paroles de l’hymne nouveau

(Tu seras bien avisé si tu choisis une chanson sur les noces des colombes),

Et sur les devoirs des femmes

 (Tu seras bien avisé si tu nommes une femme à la tête des services de sécurité),

Et sur les pourcentages, le public, le privé,

Sur tout, Nous avons un seul but :

Etre…

Après quoi chacun aura toute latitude de choisir

En profondeur, en profondeur

Le présent du verbe se poursuit

Ses tâches manuelles
Derrière la cible.

Mahmoud Darwich – Etat de siège